LE TEMPS QUI PASSE...

05 septembre 2016

Le petit frère : Jean Bourcy matelot sur la Provence 2

 Journal de famille suite

 

 Jamais deux sans trois. Deux filles et un garçon, c’est le choix du Roi. Je suppose comme dans la plupart des familles, l’arrivée d’un nouveau bébé, c’est le bonheur assuré.

Afficher l'image d'origine

Jean Alfred Désiré, a vu le jour à Laon dans le département de l’Aisne, le 9 février 1902. Sa maman est une mère au foyer et son papa depuis plusieurs années est rentré au Chemin de Fer du Nord. En ce début de siècle, le développement de ce nouveau moyen de transport est une aubaine pour beaucoup de jeunes hommes. Mon arrière grand-père a sauté sur l’occasion. Laon, possède une grande gare sur le trajet du Nord de la France, qui a été inaugurée en 1890, de plus, cette ville est construite sur une colline ce qui lui donne l’aspect d’une ville à deux étages. A la fin du XIXème siècle, elle  s’est dotée d’un tramway pour joindre la ville basse à la ville haute. Ce dernier a été inauguré en juillet 1899.  Il y avait donc pour mon arrière grand-père, de quoi exercer sa spécialité de garde freins quelques années. 

laon-tram-72

 Malheureusement, Jean vécut son premier drame à l’âge de 7 ans. Sa maman décède. C’est grand-mère Louise, sa grand-mère paternelle qui prendra le relais jusqu’à ce que mon arrière grand-père Désir, se remarie avec une jolie parisienne « Rose » en 1911,  qui était née dans un village à côté d’Avrechy, à Cuignière. Ils vont habiter dans une cité de cheminots 7, rue Voltaire à Nogent sur Oise. Désir était très problablement rattaché à la gare de triage de Creil. Une famille reconstituée où le bonheur règne, jusqu’à une seconde catastrophe en 1917, Rose est emportée par la grippe espagnole. Cela en est trop pour Jean, encore un abandon, surtout qu’en 1918 son père se remarie une troisième fois. Autant les enfants ont aimé Rose, autant ils n’ont pas trop apprécié Hélène.

 grand format

C’est certainement à cette époque , qu’il décide de s’engager dans la marine et de devancer l’appel. Un bien beau mousse, qui voyagera et deviendra quartier-maître mécanicien sur le Cuirassé « La Provence »

 C’est d’abord à Brest qu’il fait partie de d'équipage de la Flotte,  comme l’indique sa première photo en marin.  L’équipage de la flotte, c’est un dépôt où les marins attendent leur affectation

 

Jean Bourcy 1923 4

                                                                                      

 

Le cuirassé « La Provence » sur lequel il est allé à Constantinople, remplace le premier « La Provence » qui était le plus grand paquebot français de l’époque qui reliait le Havre à New York, réquisitionné en 1914 par l’armée et en 1915 il est utilisé  pour transporter les troupes vers les Dardanelles. Le 27 février 1916, il est torpillé par un sous-marin allemand en méditerranée. Donc le second « La Provence II », a été mis en service le 20 janvier 1916. Il mesurait 166 m de long et 27 m de large. Son port de base a d’abord été Brest ensuite Toulon, mais il était souvent basé à Corfou. Sa vitesse maximale était de 20 nœuds.

 

provence-croiseur10778

 

J’ai vraiment très envie de retrouver sa fiche de matricule pour retracer sa carrière dans la marine, pour cela il faut que je me rende à Brest. Combien de temps a-t-il été dans la marine ? Je sais que lors d’une permission chez un de ses amis marins, il rencontre son épouse Andréa, ils se marient dans un petit village de l’Ardèche à Coux, le 8 septembre 1923. Nous les retrouvons quelques années plus tard dans l’Oise à Rantigny. Ne pouvant pas avoir d’enfants, ils adoptent, après la guerre, un petit garçon « Jean-Paul » qui lui-même se mariera et aura 4 enfants, une descendance de 6 petits enfants et déjà 1 arrière petit fils.

 

jean bourcycpa-brest-equipages-de-la-flotte-caserne-du-2e-depot-vers-1910

 

Une brouille familiale éloigne Jean, Andréa et Jean-Paul, pendant plusieurs années de la Picardie et de la sœur aînée de Jean, ma grand-mère. Je ferai sa connaissance seulement entre 1955 et 1960. Ma grand-mère aimait beaucoup son frère, mais moins sa belle sœur. Ils vécurent Longtemps dans la région de Rouen et tous liens étaient rompus avec la famille. Je me souviens comme si c’était hier, quand ils débarquèrent « en quatre chevaux » à  Saint Just. Je descendais de ma chambre et j’ai retrouvé un couple et un jeune homme dans la cuisine, qui cherchait après ma grand-mère. Il faut dire que chez nous, on rentrait facilement dans la maison, puisque les clients allaient et venaient en allant à l’atelier dans la cour. Surprise, j’ai commencé par demander ce qu’ils désiraient. Et là, mon oncle s’est présenté. J’ai appelé mes grands-parents qui ont été aussi surpris que moi. Mon oncle allait être à la retraite et il venait de racheter une maison dans un des hameaux du village de naissance  d’une grande partie des Bourcy : «  Bizancourt ».

Jean et Andréa Bourcy environ 1935 2

 

 A partir de ce jour là, nous nous sommes beaucoup fréquentés. Je me souviens de ce grand oncle, petit par sa taille mais calme et doux et de la tante Andréa beaucoup moins calme au tempérament bouillonnant, très méditerranéen et aux histoires  qu’elles faisaient souvent sur les uns et les autres. On peut dire qu’elle était une personne particulière. Je la vois encore sortir de sa quatre chevaux, cette voiture était une voiture basse et petite. En revanche ma tante, était plutôt corpulente, ce qui me faisait toujours sourire.

 

Jean Bourcy 1923 2

 

Quant à Jean-Paul, enfin j’avais un cousin de mon âge.  C’est avec lui que nous sommes allés  Au Cirque d’Hiver à Paris, et que j’ai découvert pour la première fois le cirque. A défaut d'avoir été absents pendant mon enfance, je peux dire qu’ils ont été très présents durant toute mon adolescence. A toutes les fêtes de famille ils étaient là, souvent, les fins de repas étaient animées au son de la mandoline de mon grand-père accompagné par Andréa qui aimait pousser la chansonnette.

Afficher l'image d'origine 

A Bizancourt, mon oncle et ma tante, étaient famille d’accueil de la DASS, c’est pourquoi je l’ai été moi aussi  par la suite. Andréa n’était pas très affective avec ces pauvres enfants et pas toujours très gentille avec eux. Tous on préféré mon oncle. Mon oncle est décédé entre 1970 et  1980,  à la fin de sa vie, sa belle fille Jeanne s’en est beaucoup occupé.

Quelques années plus tard, Andréa a refait sa vie, avec un parisien très gentil « Adolphe », qu’elle avait rencontré dans une agence matrimoniale. Ses dernières années de couple furent partagées entre Bizancourt et l’appartement d’Adolphe. Elle survivra à son second mari. Enfin, elle ne laissera pas que des bons souvenirs autour d’elle. Toute sa vie, elle a fait les choses avec intérêt mais jamais avec sentiment. J’ai toujours beaucoup admiré Jean-Paul qui a chaque fois répondait présent quand elle en avait besoin.

jean la provence

 

Je lance un appel, si quelqu'un peut m'aider à retrouver l'engagement dans la marine de mon grand-oncle entre 1918 et 1922, j'en serais ravie. Je n'arrive pas à retrouver son livret militaire et encore moins sa fiche de matricule. Merci à celui qui pourra m'aider.

 

 

 

La prochaine fois, nous franchirons un nouveau quartier du patchwork familial

Posté par manouedith3 à 00:00 - - Commentaires [1] - Permalien [#]


20 juin 2016

Patience, il faut en avoir en généalogie

Mes billets paraîtront toujours le lundi, mais maintenant pas toutes les semaines, car j'arrive pour mes ancêtres à la fin du XIXème siècle, je commence à ne plus avoir de souvenirs personnels. Donc pour alimenter le sujet, cela est un peu plus long,  je suis obligée de demander de l'aide aux internautes généalogistes, ou aux clubs généalogiques régionaux pour avoir certains documents, puisque mon domicile est plus loin. Heureusement je suis une conservatrice de pratiquement toutes mes recherches dans les archives depuis 50 ans, alors, là aussi il faut que je cherche.J'ai une bibliothèque entièrement consacrée à la généalogie et encore quelques cartons classés à ma disposition. Vous voyez, de quoi me distraire et m'obliger à penser à autre chose, puisque en ce moment les temps  (au réel comme au figuré) sont si sombres.

Avrechy Un mariage villageois vers 1900 - Copie

Une partie de ma famille est native de ce village Avrechy dans l'Oise. Peut être y-a-t-il sur cette carte un de mes ancêtres. 

fonds baptismaux2fonds baptismaux2

Les fonds baptismaux sur lesquels j'ai été baptisée.

 

Alors patience mes amis, je vous tiendrai au courant de mes différentes démarches et peut être je vous mettrai à contribution si vous habitez dans une des régions ou je ne peux me rendre. En ce moment l'aide souhaitée serait les archives de l'Oise à Beauvais, tout bénévole est le bienvenu. Merci.

Inscrvez-vous à ma newletter pour être averti de la parution de mes billets.

Posté par manouedith3 à 00:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]

06 juin 2016

La famille BOURCY

BOURCY

 

Il fait parti des noms rares en France. Nous le trouvons plus fréquemment en Belgique. Tout comme sa variante avec un « S ». Il désigne celui qui est originaire du village de Bourcy proche de Bastogne dans la Province de Luxembourg. 

 

Ma branche maternelle du côté de ma grand-mère porte ce patronyme et n’a jamais  quitté la région picarde et les environs de Lamécourt dans l’Oise. Mon plus loin ancêtre de ce nom est : Paul de Boursy né en 1671.

 

 

bourcy en belgique

 

 

Pour continuer le chapitre « oncles, tantes, cousins, cousines » je vais vous parler de ceux de mon

 soza 3 : Marcelle Bourcy, ma grand-mère.

Marcelle Bourcy aide-infirmière en 1915 

Elle avait une sœur et un frère, qui pour moi étaient ma grande tante Isabelle et mon grand-oncle Jean.

 

Commençons par Isabelle, Désirée, Jeanne qui a vu le jour à l’aube du vingtième siècle. Elle est née le 18 février 1900 à 3 heures du matin, dans la jolie ville picarde de Laon, vous savez la résidence privilégiée de nos rois Carolingiens, c’est là, qu’ils trouvèrent refuge contre les persécuteurs des Capétiens au Xème siècle.

 

cartes-postales-Faubourg-de-Vaux-LAON-2000-7126-20071016-a7v0u6m7a5a4r0e4x5y1

 

1900, le siècle qui fait encore rêver. Très vite appelé : « La Belle Epoque », un siècle plein d’espoirs, qui a commencé dans la joie et l’insouciance par la cinquième exposition universelle inaugurée le 14 avril par le Président Loubet. Elle fermera ses portes le 12 novembre, et aura accueilli plus de 50 millions de visiteurs. Son thème était : « Le bilan d’un siècle ». Cette exposition a laissé cette année là  aux parisiens les magnifiques bâtiments des « Petit et Grand Palais » Il y aura eu 83000 exposants de tous les pays du monde. La France les avait invités pour mettre en valeur leurs réalisations et leur mode de vie.

(Sources le journal l’illustration de 1900 consacré aux expositions parisiennes). Les informations sur Laon ont été récoltées sur Internet).

 Afficher l'image d'origine

Pendant ce temps là, Isabelle vivait des jours heureux, entre ses parents, sa grande sœur Marcelle et 1902 avec l’arrivée de son petit frère Jean. Sans se douter que deux énormes drames allaient  bouleverser cette famille tranquille de la Belle Epoque. Le 18 septembre 1908, sa maman les quittera pour toujours  et la grande guerre éclatera l’année de ses 14 ans.

 Marcelle, Isabelle, Jean

Après le décès de son épouse. Désir Bourcy qui habitait à l’époque Le Plessier sur Saint Just dans l’Oise, reviendra chez ses parents à Avrechy avec ses enfants. La grand-mère Louise, prendrait le relais et Marcelle jouera le rôle de la seconde maman, jusqu'au remariage de son père avec Rose.

 

Marcelle Isabelle Jean Bourcy 2

 

 Après la guerre de 1914, elle ira habiter chez une de ses tantes maternelles Marie Louise Augustine KUOM dans la région parisienne. Elle travaillera comme serveuse dans un restaurant du premier arrondissement de Paris. Où, elle rencontrera son mari Pierre Chiari, un niçois un peu plus jeune qu’elle. Le  11 juillet 1926, viendra au monde dans le douzième arrondissement de la capitale, leur fille unique « Sylvia ». Bien vite, Pierre et Isabelle monteront  leur affaire dans le midi, ils voyageront en Italie et auront une vie agréable et un certain bien être. Malheureusement Pierre et Isabelle divorceront quelque temps après. Leur chemin se séparera. Isabelle remontera en région parisienne et Pierre continuera sa vie sur la Riviera française et italienne, il multipliera les conquêtes et évoluera dans le milieu de la fête,  ll ira de maîtresse en maîtresse. Aux alentours de la cinquantaine, il remontera en région parisienne et achètera un Restaurant à la Garenne Colombes. Sans savoir que ce serait le dernier. Le 29 octobre 1952, le matin vers 6 heures, en sortant ses poubelles, une charge d’explosif de mélinite cachée à l’intérieure de l’une d’elle, lui retirera la vie. Règlement de compte dira-t-on entre un mari jaloux et un amant dans la fleur de l’âge. Histoire qui fit grand bruit dans la famille. Mon grand-père conservera toutes les coupures de journaux racontant le meurtre. L’histoire se terminera avec une bataille juridique entre deux célèbres avocats de l’époque dont Maître Jacques Isorni, dont on se souvient l’implication dans le procès du Maréchal Pétain. La même année une autre affaire célèbre occupera tous les esprits : l’affaire Dominici.

Carte de la Cote d'Azur et de la Riviera Italienne 

Une histoire dramatique qui marqua toute leur vie Isabelle et la famille de sa fille Sylvia. Isabelle continuera sa vie, elle rencontrera pendant ou après la guerre de 1939, un homme qui comptera  beaucoup pour Elle : Valentin dit « Tintin » Poulain. Ils vécurent quelques années ensemble  malheureusement il décèdera dans les années 1950 d’un accident de mobylette.

 

isabelle

Que dire d’Isabelle ? Je me souviens d’une grand-tante très coquette qui n’aimait pas son prénom et se faisait appeler « Ginette ». Elle aimait les jolies choses et elle faisait très attention à Elle. Jamais, elle ne se lavait le visage avec de l’eau, chaque matin et chaque soir elle le nettoyait avec un lait de chez Diadermine. Toujours pomponnée et parfumée.A mes yeux de jeune adolescente, Elle était la parfaite parisienne. Elle avait souvent de jolies mules en cuir noir avec des pompons en plume d’autruche, pour moi c’était le comble de l’élégance, un jour elle m’a offert les mêmes ; à chaque époque de ma vie j’ai acheté ce genre de mules sans les pompons mais les mêmes. Je pense qu’elle a gardé le goût du beau à la suite de ce qu’elle a vécu avec son mari. 

Afficher l'image d'origine

Quand elle s’est retrouvée seule, elle a pris un emploi de concierge dans les beaux immeubles, je me souviens de sa dernière loge boulevard Magenta, minuscule mais toujours tenue impeccablement. C’était une femme douce avec laquelle on pouvait parler de tout. C’est elle qui m‘a parlé de la mort de sa maman qui avait avortée en 1908. Jamais ma grand-mère m’aurait dévoilé ce secret de famille, ce n’était pas bien à ses yeux et cela ne regardait pas les enfants. L’époque était ainsi, il y avait des tabous pour beaucoup de choses. Quand elle m’a dévoilé ce drame, c’était à la suite d’une de ses visites à la maternité quand j’ai accouché de ma première fille. Elle nous a quitté le 19 mars 1977 et elle est décédée à Paris dans le dixième arrondissement.

 

Sylvia Chiari-Bourcy

Sa fille unique « Sylvia » a été mariée une première fois après la guerre, avec un bel italien « Antoine » aux yeux sombres et aux cheveux bruns gominés. Un mariage qui ne dura pas très longtemps. En 1948, se promenant un dimanche sur les Grands Boulevards avec maman, Elles croisèrent deux beaux chasseurs alpins : Pierre et Michel. C’est avec Pierre que Sylvia fera sa vie et maman avec Michel. Ils habiteront une grande partie de leur vie à Neuilly Plaisance avec leur fille Sylvie. Sylvia décèdera en 2005.

 

sylvia et antoine

 

 

Sylvie est mariée, elle a eu deux garçons, mais il n’y a pas de descendance.

 

 

La semaine prochaine je vous parlerai de Jean, le petit frère.

 

 

Posté par manouedith3 à 00:00 - Commentaires [4] - Permalien [#]

23 mai 2016

Grand-Oncle, Grande-Tante et petits cousins

Quand on est fille unique et que sa mère l'est aussi. Que l'on ne connaît pas encore ses branches paternelles. La famille est restreinte. L'enfance, est un peu triste. D'autant plus, que ceux et celles que vous appelez "Mon Oncle, Ma tante, cousins, cousines" ont une génération de décalée.

Edith 4 ans 4 2

 

Mon Sosa 2 : Adrien Pascaut avait une petite sœur : Fernande, qui elle a eu deux garçons et deux petits enfants.

 

Fernande, est née le 5 mars 1897 à St. Just en Chaussée 63, rue de Beauvais. De son enfance, je ne sais pas grand-chose, si ce n’est qu’elle est très proche de son frère Adrien. En témoigne plusieurs lettres et cartes échangées pendant la guerre de 1914. Son enfance s’est déroulée dans le salon de coiffure de ses parents d’abord rue de Beauvais, ensuite 19, rue de Montdidier.

0

 Très jolie jeune femme différente des autres femmes de la famille. Brune au type asiatique, et justement  aux longs cheveux noirs qui avait l’apparence d’un cheveu asiatique. Du reste, adulte elle vendait à Paris ses démêlures de cheveux pour en faire des perruques. Les mauvaises langues auraient dit, qu’elle ressemblait à l’apprenti coiffeur de ses parents !!!! Je pense que ce sont des mauvaises langues qui disaient ça !

Fernande 1913

En 1920, elle se marie à St. Just en Chaussée avec Maurice Louis Bernard, garçon boulanger. Elle ira vivre dans la région parisienne à Guerville, où elle mettra au monde son fils Paul Adrien le 7 mai 1921. Et  son second fils  Jacques Marcel à St. Just en Chaussée le 15 janvier 1924. Ils divorceront le 21 novembre 1925. Elle ne se remariera jamais, mais elle aura une vie indépendante et plusieurs compagnons. Ce n’était pas une mère très proche de ses fils, heureusement que pendant leur enfance ils eurent leur oncle Adrien et sa femme Marcelle, ils partageaient souvent leur vie  avec leur cousine Renée.

Fiançailles Fernande2

 Pendant la seconde guerre mondiale, elle aurait eu une aventure avec un militaire allemand, qui lui aura valu d’être rasée à la fin de la guerre en place public devant les habitants de St. Just en Chaussée. Honte à l'Etat français d'avoir fait subir ce déshonneur  à ces françaises. A l'époque, mon grand-père était furieux, car dans une petite ville de province il n'y a pas eu que ce déshonneur, il y a eu également les graffitis de dénonciations sur les murs qui disaient : la femme Pascaut...... Et que certains pensaient qu'il s'agissait de son épouse.

Fernande et ses deux fils

Après la guerre, elle se plaça dans une famille bourgeoise parisienne Monsieur et Madame Ch.......,  comme lingère et nounou des enfants. Ses patrons étaient proches d’Elle et jamais ils ne la laisseront tomber même à la fin de sa vie. Fernande avait chez eux une place privilégiée et sa chambre particulière dans leur château de Monchy Humières près de Compiègne. Pendant ses jours de congé, elle venait dans la maison de ses parents qu’elle avait héritée et qui était mitoyenne à celle de son frère Adrien.

Fernande Pascaut 64 ans

 

Elle décéda à l’hôpital de Compiègne le 8 février 1977.

Paul et Jaacques Bernard

Ses fils :

1)

Paul Bernard/Pascaut , toute sa vie il sera très proche de son oncle d’Adrien et de sa tante Marcelle Pascaut (sosa 2 et 3) Adulte il exercera la profession de comptable. Pendant la guerre il épousera la secrétaire de l’Entreprise où il travaillait : Marguerite Hestin, Elle a 30 ans de plus que lui. C’est une femme intelligente, gentille qui le suivra partout, elle fera le tour de la France avec lui, d’abord sur sa moto ensuite dans sa 2 CV . Fait exceptionnel à cette époque. Ils resteront ensemble pendant 30 ans, Marguerite décédera à Senlis le 30 juin 1971.

Paul et Marguerite Bernard

Il se remariera avec une alsacienne, un mariage malheureux qui l’obligera à divorcer quelques années plus tard. Catholique fervent et pratiquant, il vivra très mal ce divorce. Il rencontrera sa dernière compagne, une veuve de son âge : Renée Tréguier/Courvalin, à Sauve dans le Gard, où il possédait une maison de vacances. Ils remonteront ensemble en Picardie pour terminer leur vie à Compiègne. Mais avant ils partageront plusieurs années de bonheur et partageront, voyages et croisières. Renée, était une femme bien, très cultivée, elle avait été "monteuse au cinéma". Elle décédera un mois après lui en novembre 2003.

Renée Courvalin 2002

Paul était un homme cultivé qui adorait la photographie, il regrettera de ne pas avoir eu de descendance et il vivra ses dernières années très heureux avec Renée, mais souvent malade. Il sera malheureusement à la fin de sa vie  maniaco-dépressif et fera quelques séjours en milieu psychiatrique, qui révéleront les grandes carences affectives de son enfance. C’est quelqu’un qui a beaucoup compté pour Edith et avec lequel elle a partagé de nombreuses connaissances intellectuelles et il partageait avec Elle, les mêmes passions. Il était considéré dans la famille comme "un original", si ne pas partager les idées de tout le monde, essayer toute sa vie de se cultiver, faire des choix osés pour son époque, c'est être original. Alors maintenant, c'est quoi être original ?

 

2)

Jacques Marcel Bernard est né à St. Just en Chaussée le 15 janvier 1924, lui aussi a eu une enfance bien chaotique.

Jacques et Paul 4 ans 2

 

 Adolescent pendant la seconde guerre mondiale IL fut réquisitionné de force par la STO  (Service du travail obligatoire). Afin de rappeler aux jeunes générations voici ce qu’était la STO :

Jacques et une amie en Allemagne2

 Le service du travail obligatoire (STO)fut, durant l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, la réquisition et le transfert vers l’Allemagne de centaines de milliers de travailleurs français contre leur gré, afin de participer à l’effort de guerre allemand que les revers militaires contraignaient à être sans cesse grandissant (usines, agriculture, chemins de fer, etc.). Les personnes réquisitionnées dans le cadre du STO étaient hébergées dans des camps de travailleurs implantés sur le sol allemand.

L’Allemagne nazie imposa au gouvernement de Vichy la mise en place du STO pour compenser le manque de main-d'œuvre dû à l’envoi des soldats allemands sur le front russe, où la situation ne cessait de se dégrader. De fait, les travailleurs forcés français sont les seuls d’Europe à avoir été requis par les lois de leur propre État, et non pas par une ordonnance allemande. C'est une conséquence indirecte de la plus grande autonomie négociée par le gouvernement de Vichy comparativement aux autres pays occupés, qui ne disposaient plus de gouvernement propre.

Un total de 600 000 à 650 000 travailleurs français furent acheminés vers l'Allemagne entre juin 1942 et juillet 1944. La France fut le troisième fournisseur de main-d'œuvre forcée du Reich après l'URSS et la Pologne, et le pays qui lui donna le plus d'ouvriers qualifiés

sources : wikipédia

Les jeunes filles aussi étaient réquisitionnées, c’est là, qu’il a fait la connaissance de celle qui deviendrait sa femme « Paulette ». Après la guerre ils se marièrent à Drancy, lui, exerçait la profession de miroitier et Elle, d’aide soignante. Ils eurent deux enfants  Daniel et Ginette. Je me souviens qu’il venait voir mes grands-parents sur sa moto avec l’un ou l’autre  de ses enfants. Enfants nous nous sommes côtoyés régulièrement mais adultes, nous nous sommes perdus de vue.

Paulette au milieu femme de Jacques Bernard

 

*

Daniel et Ginette

ses enfants dans les années 1955 :

Daniel BERNARD

Ginette BERNARD

que sont-ils devenus ? Ont-ils une descendance ?

 

 

Jacques meurt à Drancy le 13 juillet 1966, à l’âge de 42 ans des suites d’un accident de moto.

 

 

 

 

Posté par manouedith3 à 00:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

16 mai 2016

Sosa 3 Marcelle BOURCY/PASCAUT

 

Marcelle BOURCY épouse PASCAUT

 Sosa 3

 

Marcelle a été toute sa vie une femme discrète, secrète et généreuse dans le sens que chez Elle il y avait toujours une assiette pour les autres.

 

 chezRenée vers 1930

 Marcelle sa fille et son neveu 

Elle était née chez sa grand-mère Louise Morel/Bourcy à Avrechy, dans l'ancienne mairie, en face de la mairie actuelle, sa maman ne lui avait pas laissé de bons souvenirs, elle l'a décrivait comme méchante. Pourquoi ?

 

Avrechy

 

Ma grand-mère était une femme qui faisait très attention au qu’en -dira-t-on ! Elle n’aimait pas se raconter, Elle était douée pour les secrets de famille. Elle portait une grande affection à sa grand-mère paternelle Louise Morel-Bourcy, chez qui elle allait souvent. Elle aimait raconter, ses virées à Clermont de l’Oise ou à St. Just en Chaussée en carriole tirée par Cadichon, l’âne de la famille.

 Désir Stéphanie Bourcy, Marcelle, Isabelle, Jean

Quand elle a eu 13 ans, elle a pris le rôle de sa maman qui est décédée en 1908, suite à un avortement elle s’est beaucoup occupée de sa sœur Isabelle de 8 ans et de son frère Jean qui lui avait seulement 6 ans, jusqu’au remariage de son papa en 1911. Sa grand-mère et surtout sa belle-mère Rose lui ont appris la couture.

 

gRAND6M7RE lOUISE VERS 1905

Chez grand-mère Louise

Pendant la guerre de 1914, elle est rentrée à l’hôpital Psychiatrique de Clermont comme aide-soignante. Jusqu’à son mariage, elle habitera chez son papa et sa gentille belle-mère Rose. Son papa était garde freins à la gare de Creil. C’est avant la guerre de 1914, qu’elle rencontrera son futur (comme on disait à l’époque), pendant une belle journée de septembre à la fête communale du village de Saint Rémy en l’Eau.

 

Marcel Bourcy 20 ans

 

 

Avant la naissance de sa fille unique « Renée », elle fera une fausse couche et n’en parlera pas beaucoup (sa vie ne regardait pas les autres, comme elle aimait le dire). Quand son mari s’est installé en 1926 comme serrurier, ferronnier d’Art, souvent elle l’aidera pour percer les trous sur toutes les ferronneries qu’il travaillait, ce n’était pas un mari toujours facile, elle a souvent subit son caractère soupe au lait. Dans l’ensemble elle n’a pas eu une vie de femme très heureuse ; simple constatation de la part des personnes qui l’entouraient. Elle élèvera sa fille et parfois ses deux neveux Paul et Jacques, un peu délaissée par leur mère et leur père.

Paul et Jaacques Bernard

 

 Quand une de ses meilleures amies est décédée, elle accueillera chez Eux sa fille Paulette elle avait 16 ans et plus de parents pour s’occuper d’Elle. Marcelle finira de l’élever comme sa propre fille ; promesse qu’elle avait faite à son amie Henriette avant de mourir. A 18 ans, Paulette se dirigera vers le noviciat pour devenir religieuse dans la Congrégation St. Thomas de Villeneuve mais restera très attachée à Marcelle et Adrien toute sa vie, Elle les appellera  « petit père, Petite Mère ».

 

1948 départ de Paulette2

 

La générosité de cœur de ma grand-mère ne la quittera jamais  de toute sa vie. C’est Elle qui décidera de me ramener chez Elle, lors d’une visite qu’elle me rendit chez ma nourrice à Herblay. Elle ne pouvait pas s’imaginer qu’un jour je dirai papa et maman à des étrangers. Elle bravera les foudres de son mari qui ne voulait pas entendre parler d’une bâtarde, et m’installera chez eux à Saint Just en Chaussée. Néanmoins, c’est Elle aussi, qui conseillera à sa fille lorsqu’elle se mariera en 1951, de me reprendre et de me mettre en pension, parce qu’il paraissait que j’avais été trop gâtée et que je ferai « battre des montagnes !!!!! » Termes dont je me souviens parfaitement. Une gentille grnd-mère que j’ai beaucoup aimé, mais qui n’était pas fine psychologue.

 

Edith 20 mois Mai 1945 2b

 

 Quand son mari est décédé en 1974, elle quittera sa maison pour s’installer dans la maison de retraite à Neuilly sur Seine,  que possède la congrégation St. Thomas de Villeneuve.

 

Petite anecdote amusante : La femme simple de la petite ville picarde, aimait dire, que depuis qu’elle habitait Neuilly sur Seine et qu’elle côtoyait des grandes dames de la ville, il lui fallait une jolie cane et un beau chapeau pour aller se promener, au cas ou, assise sur un banc elle engagerait la conversation avec une de ces dames d’un autre monde, des dames de la « haute ! ». Elle aimait  s’asseoir sur un banc Boulevard d’Argenson, ou Boulevard du Château et regarder les gens « biens «  passer. Suite à une perte de mémoire temporaire, le médecin de la maison de retraite la fait transporter dans  une de ses unités à l’hôpital Psychiatrique de Clermont. Elle y  fera deux séjours. Pendant l’un de ses séjours, sa fille unique décèdera et c’est moi, sa petite fille unique qui aura la charge de lui apprendre la triste nouvelle et de la faire sortir de cet établissement où elle n’y avait plus sa place. Avec l’aide du Maire de la petite ville où j’habitais, elle aura très vite une place dans une maison de retraite à Liancourt auprès de chez moi et Elle terminera sa vie un an après sa fille Renée. J’ai de ma grand-mère un souvenir d’une bonne personne, un souvenir tendre et aimant, un souvenir précieux.

 

4 arrivée à St

Un autre souvenir me revient. Quand elle fut installée dns la maison de retraite de Liancourt, je la sortais  de temps à autre. Un jour elle à voulu que je l'emmène chez le coiffeur à Creil, elle voulait une permanente. Je l'ai donc emmené chez mon coiffeur, elle avait beaucoup de mal pour pencher sa tête en arrière au dessus du bac, la mère du coiffeur n'arrêtait pas de la gronder parce qu'elle mettait  mal sa tête en arrière, j'étais furieuse que cette dame lui parle ainsi. En sortant, elle a voulu que je  l'emmène manger une pâtisserie. Souvenir simple qui souvent me reviens. Ah ! ma grand-mère, celle qui fut ma mère, tu me manques.  

 

   

 

 

Posté par manouedith3 à 07:29 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags : ,


09 mai 2016

Journal de Famille : St. Just-en-chaussée 4

 

Aujourd'hui, je vais finir ma monographie sur ma ville : Saint-Just-en-Chaussée. J'espère que vous  aimez la façon dont je l'ai présentée

 

 

.

je pense que cette forme de Journal de famille est intéressante. Et vous ?  

 

Troisième personnage célèbre :

 

Edouard Dauchy est le fils d’un riche aubergiste de St. Just-en-Chaussée il est né le 12 octobre 1757, éleveur de moutons au début de sa carrière,  bien vite, il fait de la politique.

 

En 1789, il sera élu Député aux Etats Généraux par le bailliage de Clermont en Beauvaisis. Il est considéré comme un révolutionnaire « modéré ».

Afficher l'image d'origine

 

Le 6 juin 1791, il devient président de l’Assemblée Constituante, il profite quand même de la vente des biens nationaux pour acquérir quelques hectares de terre autour de sa grande ferme de Boutavent.

 Le 18 fructidor de l’An  V il est incarcéré à la prison du Temple.

 Il se rallie à Bonaparte qui le nomme Préfet de l’Aisne  et ensuite préfet de Marengo. Il est fait Comte d’Empire le 3 mai 1810.

De retour en France en 1813 il réintègre le Conseil d’Etat.

 Il meurt à St. Just en Chaussée le 17 juillet 1817.

 

Sources : Précis statistique du Canton de Maignelay de Louis Graves.

 

Dernier personnage célèbre par son implication dans la résistance pendant la dernière guerre.

 

Edmond Caillard, il est le fils d’une famille de notables coloniaux de Nouméa. Il Arrive et s’installe à St. Just comme médecin, après sa démobilisation en 1941.

Afficher l'image d'origine

Pendant toute l’occupation allemande il contribue à l’évacuation de 87 parachutistes alliés. Il est décoré pour ses actes de bravoure de la Medal of Freedom (Etats Unis), de la King’s Medal for courage in the cause of Freedom (Royaume Uni) ; de la croix de la résistance et de la croix de guerre et il a été nommé chevalier de la légion d’honneur. Adjoint au maire de St. Just, Monsieur Delignon entre 1944/1946. En novembre 1946, il repart en Nouvelle Calédonie où il continue pendant un certain nombre d’années à faire de la politique. Il décède à Nouméa le 16/06/1991.

Depuis 2015, il a son monument érigé à St. Just.

 

sources : Internet Wikipédia.

 

Maintenant, je vais parler de l’époque où ma famille résidait à St. Just.

 

 Tremblements de terre.

Voici un fait, auquel on ne pense pas, surtout dans cette région du Nord de la France. Pourtant cela existe ou a existé.  Mon grand-père m’avait raconté, que dans les années 1900, un matin, il s’était réveillé et que toutes les pendules de sa maison étaient arrêtées à 1h du matin, l'horloge de l'église proche,  était, elle aussi arrêtée à la même heure.  Après quelques recherches, j’ai découvert d’autres tremblements de terre plus ou moins conséquents qui s’étaient produits les siècles précédents. Je constate qu’il y en aurait eu un le 30 avril 1756, assez important et qui a duré 1 demi minute. Le 15 mai suivant à deux heures du matin qui a été assez considérable, et une heure plus tard des tremblements moins forts. Voici ce qu'à relevé l'antenne picarde du Cercle Généalogique en 2004.

 

Les esprits se tranquillisèrent depuis le lundy, lendemain de la Quasimodo jusqu ‘au vendredy de la même semaine (….) à 9 heures précises du soir, un 4ème tremblement …… bien plus violent…..

Les tremblements se firent sentir environ 15 jours 3 semaines consécutives presque tous les jours (….) après ce tems on les a entendus encore plus rarement jusqu’au mois de septembre ….

 

Donc mon grand-père a bien ressenti celui des années 1900.

 

Sources : relaté par Germain Commelin   A.GE.Oise .adhérent 866 (année 2004).

 

 

 Saint Just a toujours été un bourg de passage, les auberges y étaient assez nombreuses. "Auberge de la Fleur du Lys, du Grand Cerf, de l’Epée Royale, du Paon, de la Croix d’Or ". Les noms ont été longtemps gardés par les aubergistes. Puis par les hôtels : "L’Hôtel de Saint Nicolas et de la Croix d’Or".

L’auberge des Trois Rois fut célèbre pour avoir hébergé à plusieurs reprises Louis XIV quand celui se déplaçait vers La Flandre. Cette auberge se trouvait dans la rue Mangin qui existe toujours, celle-ci est l’ancienne rue de Clermont.

 

Sources : J Carpentier A.Ge.Oise Adhérent 13 (année 2004)  

 

C’est en 1846, qu’arrive le chemin de fer dans la petite ville. Tout d’abord, avec la ligne Paris à Amiens. Ce qui va contribuer à l’essor de celle-ci. Ensuite en 1891, sera mis en service vers les villages du département les lignes desservant :Estrées St. Denis, Froissy.

 

8 St

 

La population enfantine se développant, une école des filles a vu le jour en 1862. En 1881 ce sera celle des garçons et une maternelle dans laquelle je suis allée. Deux ans plus tard, il y aura également fin du XIXème siècle, un pensionnat pour jeunes filles.  

 Les premières usines de bonneterie avaient déjà vu le jour en 1750 ; la première  a été importée par Monsieur Jean-Baptiste Legrand. Les deux tiers des habitants et même des villages voisins se livrèrent à la fabrication des bas de fil de lin. La bonneterie s’agrandissant d’année en année et se spécialisant entre 1830 et 1837 par la ganterie de soie et les bas de bourre de soie.

 

En 1847, un voyageur a pu écrire ces lignes : La plus belle bonneterie de France se fait à St. Just. Elle donne du pain à deux mille travailleurs.

 

St

 

En 1856, Monsieur Tailbouis, commença la transformation de l’outillage qui avait jusqu’alors servi à fabriquer la bonneterie. Il construisait et faisait construire ses métiers nouveaux, automatiques, rectilignes et circulaires, qui portent son nom  et pour lesquels il était breveté.  Sa vaste usine fonctionnait à la vapeur, avec ses nouvelles machines perfectionnées dont la production équivalait au moins à six fois celle des anciens métiers et acquirent promptement une grande renommée en France et à l’étranger. La fatigue était de beaucoup diminuée pour l’ouvrier.

Afficher l'image d'origine

La laine fut employée en même temps que le fil d’Ecosse, la soie, la filoselle ; et l’on vit sortir de la Manufacture de St. Just des bas de tout genre, des gants de soie, des gilets de laine, de coton,de mérinos, des caleçons de coton et de laine, des gilets de chasseurs à grosses côtes fabriqués sur métiers circulaires, des châles et des tricots pour femmes, puis des pièces de tissus ou les gants se taillent à l’emporte-pièce et se finissent sur machine à coudre.

 Dans les années 1950/1960, je me souviens encore des femmes qui travaillaient chez elle, sur une machine à gants ; ce qui a permis à de nombreuses mamans de rester à la maison et d’élever leurs enfants.

 

A cette époque, il ne faut pas oublier que cette sorte de ganterie se  fabrique uniquement à Lyon, Nîmes et St. Just-en-Chaussée.

 

La valeur personnelle de Monsieur Tailbouis, fut remarquée, ses métiers construits et brevetés en 1856, attirèrent l’attention du ministre du Commerce Monsieur Rouher. En mai 1861, Monsieur Tailbouis a été exposant à Londres comme fabricant de machines et de bonneteries. Napoléon III le décora de la croix de Chevalier de la Légion d’Honneur. Et il fut créé officier en 1870.

 

En 1868, une autre usine de bonneterie voit le jour, celle de Monsieur Bonamy, qui en plus se mit à faire des filets de pêche.

 

St

 

 

Maintenant je vais vous parler de la Sucrerie que j’ai vu fonctionner et vivre chaque année  de septembre au début janvier. C’était un  va et vient incessant des camions nuit et jour, qui allaient des champs à la sucrerie. Mes grands parents pendant la campagne sucrière, louaient 3 chambres de leur maison à des ouvriers saisonniers qui revenaient chaque hiver. J’aimais quand ils partaient en venant payer leur chambre, ils me donnaient un petit billet supplémentaire pour mettre sur mon livret de Caisse d’épargne.

 

C’est en 1873, que la sucrerie ouvre ses portes sous la raison sociale : Desjardins et Cie. Cette grande usine à vapeur, nécessita une mise de fonds de 3.100.000 francs, pour la fabrication du sucre de betteraves. Une râperie est adjacente à l’établissement, mais quatre autres situées à une assez grande distance existent également en 1884. Il s’agit de celles de : Gannes, Lieuvillers, Wacquemoulin et Ravenel ; transmettant le jus par des conduits souterrains. Des fils télégraphiques et des téléphones mettent les râperies en communication avec l’usine mère de St. Just.

-         400 ouvriers environ, sont occupés pendant les 4 à 5 mois de l’année par la fabrication et 60 pendant le reste du temps.

 

saint just sucrerie

 

Sources : Texte récupéré dans le livre de l’Histoire de Saint Just en Chaussée par Louis Pihan l’édition 1885

 

En 1877, elle prend la dénomination de : Sucrerie Centrale S.A.

En 1898 celle de Piettres frères.

Elle est modernisée entre 1900 et 1913 date à laquelle elle est rachetée par la Société des Raffineries et Sucrerie Say.

En 1951, s’y ajoutent les activités de fabrique d’engrais (certainement avec la pulpe des betteraves) et ensuite une activité de pâte à papier.

Elle ferme définitivement en 1978.

 

Source : Michel Varoqueaux

 

En terminant ce billet sur ma ville tant aimée St. Just-en-Chaussée. J’ai eu le plaisir de me replonger dans les livres du Chânoine Pihan, ainsi que dans les Précis Statistiques de Louis Graves, dont je possède certaines rééditions. Ces deux écrivains ont fait parti de ma vie depuis plus de 50 ans. Je les ai découverts, d’abord aux archives de Beauvais et ensuite pour certains autres livres historiques, dans la bibliothèque de mon cousin Paul Bernard. J’ai complété aussi quelques dates sur Internet. J’espère que ces quelques pages vous auront plu et qu’elles illustrent bien mon journal de famille

03 mai 2016

Journal de famille : St. Just-en-Chaussée 2

 

On ne peut pas parler de Saint Just-en-Chaussée sans parler des Frères Hauÿ. Beaucoup connaissent ce qu’à fait Valentin, mais peu de monde sait qui était son frère René-Just.

 

Biographie de  René-Just Hauÿ

René-Just voit le jour chez un couple de tisserands assez pauvres en 1743. Il fut remarqué comme son frère Valentin né en 1745, par le moine prieur de l’abbaye, et ils firent leurs études sous sa direction.

 

René-Just devint professeur, il fut ordonné prêtre et nommé régent de seconde au collège du Cardinal Lemoine à Paris. Là, avec son grand ami Lhomond, auteur de la grammaire latine, il se mit à l’étude des plantes et des minéraux. Or, un jour, visitant chez un ami, une collection de cristaux, il laisse tomber par maladresse, un bloc de spath calcaire, dont les morceaux font autant de prismes cristallisés. Ce fut pour lui un trait de lumière ! Il demanda la permission de ramasser les morceaux, les emporta chez lui, les étudia, et…. Les lois de la cristallisation des métaux étaient découvertes ! Pour calculer les proportions exactes des prismes, il se mit à étudier la géométrie et il en appliqua les principes à la cristallisation des minéraux. Les mémoires qu’il en fit paraître, excitèrent l’admiration de Lavoisier, Laplace, Cuvier et Daubenton, son professeur, qui, émerveillé, le fit entrer à l’Institut des Sciences à la chaire de minéralogie. Il publia plusieurs ouvrages. Mais la révolution arriva et comme il restait toujours prêtre, fidèle, insermenté, il fut jeté en prison dans les locaux désaffectés du séminaire St. Firmin, il échappa aux massacres grâce aux démarches de Geoffroy Saint Hilaire et d’un marchand de vin, commissaire de section, qui pris d’intérêt pour ce savant si tranquille, le fit élargir !   Hauÿ ne fut plus inquiété et il continua ses ouvrages scientifiques. Il fit paraître un traité de minéralogie en quatre volumes, un traité de physique etc… Tout le monde rendait hommage à sa science ; Napoléon le combla d’honneurs et lui dit un jour devant toute sa cour, qu’il avait  emporté à l’île d’Elbe  son traité de physique et qu’il l’avait relu avec le plus grand intérêt. L’Empereur de Russie lui avait offert six cent mille francs de sa collection minéralogique : il refusa, et elle est maintenant au Muséum de France.

A sa mort, le  3juin 1822, Cuvier prononça sur sa tombe, au nom de l’Institut l’éloge de « ce génie qui avait su découvrir les lois définitives de la structure des cristaux, comme Newton avait su découvrir les lois du système du monde.

 

7 St

 

Nous connaissons un peu plus Valentin. Mais son histoire mérite elle aussi d’être détaillée ici. Toujours depuis les mêmes sources.

Elevé comme son frère par les moines de l’abbaye. Valentin vint à Paris chercher fortune, et il établit « une Ecole de calligraphie »  qui lui valut un poste de commis aux écritures au ministère des affaires étrangères. C’est par hasard, lui aussi, que lui vint l’idée de trouver une écriture spéciale pour faire lire les aveugles.

Biographie de Valentin Just Hauÿ

 Il assistait à des soirées musicales  donnée à Paris par une célèbre pianiste, Mademoiselle Paradis, devenue aveugle. Or, elle écrivait ses notes de musique au moyen  d’épingles piquées sur des pelotes, et elle expliquait les cartes de géographie par des perles mises en relief  sur les cartes. Valentin Hauÿ, par une admirable intuition, compris tout l’intérêt qu’il y aurait à trouver un système généralisé d’écriture en relief, facile à apprendre par les aveugles, au touché si développé. Dans ce but, pour commencer ses expériences, il alla choisir, comme sujet un jeune aveugle de 16 ans qui mendiait sur le parvis   de Saint-Germain-des-Prés. Celui-ci fit deux parts de ses journées : le matin, il gagnait sa subsistance en mendiant, le soir, il étudiait avec Valentin. Huit mois après, il savait lire, compter avec ses doigts connaissait un peu de musique et de géographie. Le frère aîné René-Just  Hauÿ  étant de l’Académie put présenter son frère et son élève à ses collègues. Ceux-ci furent émerveillés des résultats obtenus, et ils firent un rapport fort élogieux de « professeur qui emploie des caractères mobiles en relief que l’aveugle s’habitue à reconnaître au toucher. »

Alors, aidé par le ministère des Affaires étrangères, Valentin Hauÿ fonde une école gratuite pour 12 aveugles. Ceux-ci, bien formés, donnent des séances qui attirent l’attention. Le roi Louis XVI s’y intéresse, lui donne avec le local nécessaire, de quoi recevoir 120 élèves aveugles. Valentin les instruit lui-même, leur apprend à lire d’après sa méthode, mais il ne peut toutefois arriver à les faire écrire eux-mêmes. C’est Charles Barbier, ancien officier d’artillerie, qui inventa le système des points en relief. Braille, professeur à l’institut des jeunes aveugles, aveugle lui-même, ne fit  que le perfectionner.

 En 1790, le duc de la Rochefoucault-Liancourt voulut fusionner l’école de Valentin Hauÿ pour aveugles avec celles des sourds-muets, dirigée par l’abbé Sicard. Mais Valentin Hauÿ, d’une imagination exaltée, adopta les idées de la Révolution, entra en lutte avec l’abbé Sicard, resté fidèle, devint adepte de Larevellière-Lepeaux, théophilanthrope, et…. Se maria avec une marchande de quatre saisons ! Résultat : son établissement, n’ayant plus ni règle, ni conduite, péréclita, et fut fusionné d’autorité avec l’hospice des  Quinze-Vingts. Alors, Valentin passa en Russie pour y fonder un établissement d’aveugles. Il échoua, et après plusieurs autres essais infructueux, il vint se réfugier chez son respectable aîné René-Just, près duquel il mourut assagi, le 18 mars 1822 à l’âge de 77 ans.

 Les   aveugles reconnaissants exécutèrent, à ses funérailles, une messe de Requiem composée par eux, et lui élevèrent, au cimetière du Père Lachaise à Paris, un monument où l’on peut lire cette inscription : A Valentin Hauÿ 1745/1822 – Les aveugles reconnaissants.

 

Sources : Tiré des notes biographiques sur les frères René- Just et Valentin Hauÿ à l’occasion de l’inauguration du monument érigé en leur honneur devant la mairie de St. Just le 24 février 1902. 

 

A Suivre, rendez-vous lundi 9 mai

 

02 mai 2016

Journal de famille : Saint Just en Chaussée (oise) 1

 

Pendant plus d'1 siècle, ma famille a habité cette petite ville du Nord du département de l’Oise, à quelques kilomètres du département de la Somme. Située sur le plateau picard. Je vais donc vous parler un peu de cette ville, qui a beaucoup compté pour moi.

 

St Just en Chaussée - Copie

 

Saint Just en Chaussée

Département de l’Oise 

 

Quand je suis arrivée au pensionnat. St. Just.,  était  TOUT  pour moi. C’était ma ville et je n’arrêtais pas de la raconter à qui voulait m’entendre. Elle a été le berceau de ma famille entre les années 1880 et 1980. 

Elle se situe entre Paris et Amiens, à 80 kilomètres de la Capitale,  d’un côté à 36 kilomètres de Compiègne et de l’autre à  28 kilomètres de Beauvais. En 2016 elle avoisine les 6.000 habitants, c’est une petite ville qui n’a pas arrêté de grandir depuis  la Révolution, elle  avait à cette époque 802 habitants. Quand ma famille s’y est installée aux alentours de 1880 il y avait 2542 habitants.   

2 St

une cavalcade dans les années 1900 

  

Ses Origines :

 

En ce qui concerne ses origines. Si j’écoute l’historien Le a Pihan en 1885 ; le bourg de St. Just en Chaussée, remonte à la plus haute antiquité-romaine, c’était un petit village sans grande population appelé : Sinomovicus ». Néanmoins, St. Just, semble résulter de sa situation au point d’intersection de deux chaussées Brunehaut, ou voies romaines, l’une qui partait vraisemblablement de Senlis et arrivait à Amiens, la seconde conduisant de Beauvais vers la Flandre ; il est probable que cette circonstance a du influencer l’importance du lieu, peut être même déterminer sa formation. 

L’annuaire statistique de 1835 écrit par Louis Graves, dit que St. Just s’appelait aussi au Moyen-Âge : St Just l’Abbaye.

5 St

 

Néanmoins, revenons aux écrits du Chanoine Pihan qui aime relater qu’au commencement du Vème siècle, c’est un martyre « St. Just » qui devait donner son nom à la localité. Je trouve l’histoire belle et j’ai envie de la partager avec vous.

 600px-Blason_Saint_Just_En_Chaussee_svg

  

Ce fut au commencement du Vème siècle, qu’eut lieu en ce pays, le martyre de St. Just, qui devait donner son nom à la localité.

St. Just, né à Auxerre, d’une famille distinguée, fut doué, dès son jeune âge, de grandes  qualités et obtint, par sa piété, de recevoir du ciel des communications surnaturelles. Son oncle Justinien, avait été enlevé tout jeune et vendu comme esclave en un lieu inconnu. Le pieux enfant apprit par une vision que son oncle avait été emmené à Amiens où il était devenu l’un des esclaves d’un nommé Lupus. Aussitôt, l’enfant Just, malgré son jeune âge, il avait neuf ans, décida son père à aller avec lui à la recherche de son oncle Justinien.

Ils parvinrent, après un long et pénible voyage, d’Auxerre à Amiens. Là, ils trouvèrent, en effet leur parent, que Just reconnut comme celui qui lui était apparu. Ils se réjouissaient et chantaient les louanges de Dieu qui les avait fait se rejoindre. Mais un valet de Rictiovare, Gouverneur de la ville et féroce persécuteur des chrétiens, les entendit et courut les dénoncer à son maître. Celui-ci envoya aussitôt des satellites pour s’emparer d’eux. Mais, avertis par une inspiration céleste, Just et son père Justin s’enfuirent avec leur oncle retrouvé.

Les soldats ne les trouvant plus chez Lupus, se mirent à leur poursuite. Les fugitifs étaient arrivés à Sinomovicus, près de la fontaine Syrique (qui porte encore ce nom de nos jours ! ) et se disposaient à s’y arrêter pour y prendre leur repas et s’y reposer un peu. Alors le petit Just, mû par un pressentiment, conseilla à ses parents de se cacher dans la caverne voisine, tandis que lui veillerait sur la route pour dépister les poursuivants.

 

st just pihan

Les satellites, arrivés auprès de l’enfant, lui demandèrent s’il avait vu les fugitifs qu’ils recherchaient pour les amener comme chrétiens devant leur préfet Rictiovare. Just ne voulut rien dire, et, sur leur interrogation, il déclara hautement qu’il était chrétien lui-même, qu’il détestait les idoles et blâmait la cruauté de Rictiovare. Irrité de recevoir la leçon d’un enfant, l’un des satellites, tira son glaive et lui trancha la tête. Or, Dieu permit que le corps restât debout  et retînt la tête entre les mains. Alors, les bourreaux effrayés se retirèrent en hâte. Le père et l’oncle de l’enfant martyrs, sortant de leur cachette aperçurent le prodige..

 Ils ensevelirent le corps non loin de là, et apportèrent le chef (la tête) du jeune Just à sa mère, Félicie, retirée à Autun. Celle-ci la remis à l’évêque Valère qui la fit enchâsser. Quant au corps de  Saint Just, il fut transféré dans une chapelle bâtie en son honneur et devint bientôt le centre d’un pèlerinage très fréquenté, et c’est alors que les fidèles donnèrent son nom à leur pays.

 Ces précieuses reliques furent ensuite, sous l’Evêque saint Hildeman, transférées, pour plus de sûreté, dans l’enceinte fortifiée de la ville de Beauvais, afin de les préserver des invasions des pirates danois. C’est en 1674 que la ville de St. Just s’enrichit d’une relique extraite du corps de son Saint patron. Le chapitre provincial des Prémontrés qui occupaient la grande abbaye de St. Just, écrivit à Mgr Choart de Buzenval, évêque de Beauvais, pour en obtenir cette relique, bien due, dirent-ils, au pays, lieu de son martyre et ayant pris son nom. La translation de cette relique insigne « l’humérus » presque entier, eut lieu le 25 juillet 1674, avec la plus grande solennité, dans l’oratoire de l’abbaye. Elle fut ensuite transférée dans les églises abbatiales successives, et on peut la voir aujourd’hui dans l’église Notre Dame de Grâce de St. Just.

 

Sources : Texte récupéré dans le livre de l’Histoire de Saint Just en Chaussée par Louis Pihan l’édition 1885

Telle est donc l’origine du nom de Saint Just en Chaussée : « Saint-Just » à cause du saint qui y subit son martyre « en chaussée » à cause des deux chaussées romaine, dites « Brunehaut », qui traverse le pays. 

 

ancienne église de saint just

 

 Une première église qui fut terminée en 1640, mais qui malheureusement brûla le 3 et 4 juillet 1707, fut reconstruite et les travaux durèrent jusqu’en 1748. Elle fut dédiée à St. Just. . Le portail était splendide il avait été construit en 1786. Le clocher contrairement à la nouvelle était à côté. Les fonds baptismaux ornés et décorés de bas reliefs, ou figurent une coupe supportée par quatre colonnettes datent du Xème siècle ; ils ont été transférés dans la nouvelle église mis en service en 1880. Toutes les personnes de ma famille nées à St. Just depuis cette date et moi-même ont été baptisées au-dessus de ces fonds remarquables.

 

 Afficher l'image d'origine

fonds baptismaux2

 

Sources : Monographies des villes et villages de France – Canton de St. Just-en-Chaussée de J. Rousseau (réédition 1988)

 

A demain pour la suite......

 

 

 

 

25 avril 2016

Sosa 2 Adrien Pascaut

 

 

ADRIEN PASCAUT

 

Sosa 2

 

 

Né en 1894 le 20 février. Adrien était le premier enfant de la famille après 10 ans de mariage. Avant de partir à l'armée, il apprendra le métier de Serrurier chez Monsieur Mullier à St. Just en Chaussée. C'était un jeune homme très indépendant qui avait beaucoup de mal avec l'autorité d'un supérieur. Il était très proche de sa sœur Fernande et d’un de ses cousins Marcel Devillers.

Adrien et Marcel Devillers 2

Jeune homme, il aimait faire du vélo et n’hésitait pas, certains dimanches d’été à relier les plages picardes avec sa vieille bécane pas très confortable, seul ou accompagné, parfois d’un ou deux copains, un bon bain sur la plage du Tréport, rien de tel pour effacer les marques de fatigue et refaire le soir le retour en sens inverse. Le Tréport à 150 kilomètres  n’avait plus de secrets pour lui, ni toutes les petites routes empruntées, il savait nous dire qu’à partir de Forge les Eaux, il valait mieux prendre la vallée de la Bresle que la route plus directe. Ne pas oublier que la vallée de la Bresle ressemble à la Suisse, c’est pourquoi elle s’appelle : La Suisse normande.

 

le Tréport

              Il sera mobilisé le 31 août 1914 et incorporé le 13 septembre au 269ème Régiment d’Artillerie. Sous le commandement du Lieutenant Colonel CHARDON, « il a été maintenu pendant deux mois, sans aucun répit, sur un champ de bataille où se sont livrés des combats très durs et il a largement contribué au succès des opérations qui ont obligé l’ennemi  à battre en retraite. Par le courage et l’esprit de sacrifice des cadres et de la troupe, s’est   acquis  la  confiance  de  L'infanterie et les éloges des Troupes alliées. Le soldat de 2ème classe Pascaut a participé aux opérations de juin et juillet 1918 ». C’est ce qui est inscrit sur son certificat de bonne conduite. Il avait refusé toutes les médailles, la seule qui lui avait été attribuée, il ‘l’a jeté dans une mare en regagnant son domicile. Pour lui, ce n’était pas un honneur d’avoir été obligé de tuer.

 

Certificat de Bonne Conduite 1914 Adrien3

 

Adrien 1914 2

 

 

 Pendant  la guerre de 1914, Il se marie le 22 novembre 1917, avec Marcelle Bourcy.

 

mariage Adrien et Marcelle mariage 22 novembre 1917

Dans les années 1918/1920, il entreprend des études à l'Institut Normal Électrotechnique de Paris et décroche son diplôme d'Ingénieur électricien le 21 septembre 1920. Le diplôme en poche, Il postule auprès de la ville de St. Just en Chaussée comme responsable des Services des eaux de la Ville, son contrat stipule qu'il gagnerait 6.000 francs par an et qu'il serait logé, c'est dans cette maison en plein champ que sa fille a vu le jour le 25 mai 1922.

 

Service des eaux

 

 Le 15 avril 1926, il dépose au Greffe du Tribunal de Commerce, une déclaration d'inscription au Registre du Commerce, inscrite sous le numéro 178 pour l'année 1926. Il s'installe comme Serrurier, Ferronnier d'Art ; ses parents lui donnent une grande parcelle de terrain qui leur servait de jardin rue du Ban St. Pierre, sur laquelle il fait construire un baraquement dans lequel il logera et commencera son activité.

 

registre du commerce

 

 

 

 

Quelques années plus tard, il achètera en face du jardin, une maison  avec dépendances à un cousin éloigné Monsieur Edmond Portemer profession : marbrier. Cette maison donne d'un côté sur la rue du Ban St. Pierre et de l'autre, elle occupe les 15 et 17, rue de Montdidier. N'aimant pas être commandé et ayant un caractère bien trempé,  il travaille seul avec un apprenti Arthur Miné, son épouse de temps à autre l'aide à la perceuse électrique. Son Entreprise devient vite florissante, car partout il y a besoin de reconstruire. Son activité en plus des serrures, c'était aussi la ferronnerie, il excellait  dans les portes et portails en fer forgé, il possédait une voiture et se déplaçait dans tout le département.

 

Adrien Pascaut 1949

 

Pendant la seconde guerre mondiale, trop âgé pour être mobilisé, il continuera son activité. En 1940, il évacuera avec sa famille, son chat et son chien vers Bordeaux, chez ses cousins, ils y resteront plusieurs mois et ils auront une vie beaucoup plus calme.

 

Exode au Bouscat juillet 1940 avec Jean Marie Redon 2

 

 

Après quelques mois de tranquillité, ils décideront de remonter chez eux. Au moment de partir « Minette » s’était sauvée, après l’avoir recherchée en vain, ils décidèrent de partir sans savoir, que plusieurs mois après à St. Just un matin en ouvrant la porte, elle serait là, maigre, moche, sale et fatiguée ; mais c’était bien Elle, car elle s’est dirigée directement à l’endroit où sa gamelle se trouvait avant leur départ. Petite joie simple de l’amour d’une chatte qui n’avait pas oublié sa maison et ses maîtres.

 

Avant les dommages de guerre 1948 1950 2

 

Mais avant ce retour inattendu, le bonheur  de retrouver la maison encore debout, celle des voisins n’y était plus, la leur était en triste état mais ils allaient pouvoir reprendre leur vie.

 

retour d'exode

  Après la seconde guerre mondiale, la paix revenue grand-père,  occupait ses moments libres en jouant de la mandoline. Dans un premier temps il jouait sur une mandoline des années 1906, Offerte par son beau-frère italien Pierre Chiari. Très habile de ses mains, il s’en construira une  autre, avec de vieux bidons laissés par les allemands dans sa cour.

Fin des années 40 Les soirées musicales Saint Justoise

 Il n’avait pourtant pas du tout l’oreille musicale, il, arrangeait ses accords et demandait à sa fille de lui rapporter de Paris,  des partitions modernes de la fin des années 40, il s’entraînait avec  tous les succès à la mode de Charles Trenet, Edith Piaf, Tino Rossi.   Au coin du feu les soirées d’hivers étaient, simples, agréables mais surtout musicales.

partitions anciennes

 Étoile des Neiges et Les escaliers de la butte n’avaient  plus de secrets pour toute sa famille et sans arrêt, les refrains de l’une ou l’autre  se faisaient entendre dans toute la maison. Chaque soir, à l’écoute de son vieux poste de TSF nous écoutions : La Famille Duraton. Chaque matin quand il faisait sa toilette il ne loupait pour rien au monde la chronique politique de Geneviève Tabouis. Le dimanche les Chansonniers, sans compter les pièces de théâtre. C’était un curieux de tout. Quand ils recevaient à déjeuner certains dimanches il y allait de sa chansonnette à faire pleurer tout le monde. Je me souviens en particulier de deux interprétations de Berthe Sylva : « Les Roses Blanches et Du gris que l’on prend dans ses doigts ». Je ne parle pas de quelques chansons paillardes pas tout à fait pour les oreilles chastes de sa petite fille qui était toujours dans les parages.

 C’était aussi un coléreux genre soupe au lait. Il n’hésitait pas à balancer dans le jardin,  le morceau de viande qui se trouvait dans son assiette et qui n’était pas assez tendre à son goût. Ou bien, de retourner l’assiette de soupe sur la tête d’Edith si elle ne voulait pas manger.  Il y a eu aussi, la fessée mémorable parce qu’elle s’était sauvée de l’école quand elle était en cours préparatoire  (ne vous offusquez pas, c’était d’usage à l’époque de recourir à ce genre de châtiment, elle n’en est pas morte). Mais ce grand-père là, elle l’adorait et il ne se passe pas une journée sans qu’elle y pense encore.

Adrien et Edith

 

La mode du fer forgé à l'intérieur des maisons était à son apogée après la seconde guerre mondiale. Dans les années 1950 il s’était spécialisé, dans les rampes et les écrans de salon qui séparent deux pièces. Toutes les maisons bourgeoises de la région en ont été pourvues ; Sa fille et sa petite fille auront le droit chacune en souvenir un beau lampadaire. Il travaillera jusque dans les années 1970. Sans jamais avoir eu une vie de riche, il pouvait dire que sa vie était confortable et lui donnait un statut de notable, respectable dans sa ville. Il terminera ses jours en étant un peu moins aisé, avec une simple  retraite d'artisan,  Il n’a jamais quitté Saint Just en Chaussée. Il est décédé le 25 juillet 1974 à l'hôpital de Compiègne et Il est enterré au cimetière de sa ville, comme il disait : « sa résidence secondaire ».  Sur sa tombe, il avait apposé de son vivant, une clef représentant sa corporation.

 

Adrien 60 ans 2

 Dans mon cœur il restera gravé cette phrase que tout le monde disait :

Ah ! Sacré « Père Pascaut », nous ne l’oublierons pas.

 

 Rendez-vous lundi prochain..............................

 

 

 

 

 

 

…………………………………………………………….

18 avril 2016

Sosa 1 Renée Pascaut

 

Contrairement à l'autre blog où je ne donne pas les noms de famille. Là, ayant une fonction généalogique, je me dois de vous donner les noms et les lieux. C'est pourquoi, j'ai commencé mon histoire à ma maman, car à partir d'Elle, tout le monde est décédé. Maintenant, malheureusement, c'est moi la première de la liste.

 

RENEE PASCAUT

épouse HELMER

 

Pascaut est un nom fréquent dans les Charentes et le Limousin, c’est le diminutif de Pascal ou de Pasque, c’est aussi un nom de baptême évoquant les fêtes de Pâques, il peut s’écrire de plusieurs façons : Pascaud, Pascault et même Pasquault et Pascault. Le nôtre se termine par  un « T » et nous sommes fier qu’il se départage des autres car on le rencontre moins.

 

 

Sosa 1

Renée voit le jour le 25 mai 1922, entre St. Just en Chaussée et le Plessier sur St. Just, en plein champ dans la maison de fonction de ses parents : le Service des Eaux.

Renée 1922 0

                             Elle reste fille unique et elle a une enfance entourée d'affection. Elle n’aime pas trop l’école au grand désespoir de son papa. C’est une adolescente qui aime les chanteurs et qui voue une affection particulière à Tino Rossi. Son premier petit copain à l’heure des flirts, s’appelle « Max » et ressemble à Tino Rossi. Mais il n’est pas question qu’elle le fréquente, elle est trop jeune et il semble ne pas plaire à son père. Le jeune homme continue son chemin, sur une autre route. ; mais il restera dans son coeur toute sa vie, puisqu'elle nous en parlera souvent.

Communion renée paul jeanine

 

Renée Classe de Madame Lamart en 1935

   Elle fait sa communion solennelle en 1933, avec son cousin Paul, qui est délaissé par sa maman et il passe souvent ses journées chez son oncle et sa tante. L'autre communiante est Jeanine Pelletier, et habite avec ses parents dans l'autre moitié de la maison, que mes grands-parents loue à ses parents. Elle deviendra ma marraine.  

Renée 21 juillet 1938 2

  Quelques années plus tard, pendant la guerre, elle rencontre un homme marié Jean Baptiste PIAT avec lequel elle a sa fille Edith. Elle le rejoint à Paris dans les années 1942, sans le dire à ses parents. Très mauvaise image que celle d’une fille mère à cette époque. Elle est censée habiter chez sa marraine : Marguerite Pascaut, elle trouve un poste de vendeuse dans une boulangerie, ensuite d’aide soignante dans un hôpital parisien. Après la naissance d’Edith dont elle se sépare aussitôt en la confiant à une nourrice à Herblay « Madame Parent », elle travaille avec Jean Baptiste et tient la miroiterie qu’il possède dans le onzième arrondissement au 55 bis, rue Jean Pierre Timbaut. Vers les années 1947, ils se séparent, elle devient démonstratrice dans les grands magasins parisiens. Cette année là, , elle fait la Foire de Paris, l’année suivante celle de Genève, où elle vend des petits sujets munis d’élastique qui bouge dans tous les sens, quand on appuie sous le sujet il donne l’impression d’être articulé « les Wakouva ». Elle restera démonstratrice pour différentes marques jusqu’aux années 1970. La dernière marque qu’elle représentera pendant plusieurs années est : Moulinex.

Renée et jean baptiste 1

 

Avril 1947 Foire de Paris

 En 1948, elle rencontre Michel un dimanche après-midi où elle se promène sur les grands boulevards, avec sa cousine germaine Sylvia. Elles croisent toutes les deux, deux superbes chasseurs alpins en permission, l’un se prénomme Michel et l’autre Pierre. Il s’avère que Renée choisira Michel. L’année suivante Sylvia se marie avec Pierre et en 1951 ce sera le tour de Renée et Michel. Deux  mariages très heureux. Sylvia et Pierre auront une fille Sylvie et malheureusement Renée, ne pourra pas avoir d’autres enfants. Après la naissance d’Edith, il semblerait qu’elle ait eu de grosses infections qui ont obligé son médecin à lui cautériser les trompes, ce qui lui a causé des dégâts et qui l’a rendu stérile. 

 

Renée et Michel 6 octobre 1951 a

 ils habitent dans un premier temps à Paris dans un appartement au 55 bis, rue Jean Pierre Timbaut, qu’ils  achètent pour la somme de 1 million 500 milles francs de l’époque. Ils le revendent en 1958, pour en acheter un plus grand et plus confortable dans le 17ème arrondissement au 165, rue de Saussure, qu’ils ne quitteront qu’en 1965 pour s’installer dans une résidence neuve et très aérée à Ermont dans le Val d'Oise où ils resteront jusqu'au décès de Renée. Pourquoi Ermont, tout simplement parce que cette petite ville de la région parisienne était le berceau de la meilleure amie de Renée : « Jeannine » qui y possédait plusieurs immeubles. Elle prête à Renée et à Michel un appartement pendant la construction du leur. Ils vivront à Ermont très heureux. Elle avait pour principe qu'il ne fallait pas avoir trop d'amies et surtout pas trop se fréquenter,les uns et les autres, car elles pourraient te chiper ton amoureux. Souvent j'ai pensé à ce conseil qui n'est pas tout à fait faux. 

Renée 1982 dernière photo

sa dernière photo.

 

Elle décède à Eaubonne le 7 février 1983 à l’âge de 60 ans.