Pendant plus d'1 siècle, ma famille a habité cette petite ville du Nord du département de l’Oise, à quelques kilomètres du département de la Somme. Située sur le plateau picard. Je vais donc vous parler un peu de cette ville, qui a beaucoup compté pour moi.

 

St Just en Chaussée - Copie

 

Saint Just en Chaussée

Département de l’Oise 

 

Quand je suis arrivée au pensionnat. St. Just.,  était  TOUT  pour moi. C’était ma ville et je n’arrêtais pas de la raconter à qui voulait m’entendre. Elle a été le berceau de ma famille entre les années 1880 et 1980. 

Elle se situe entre Paris et Amiens, à 80 kilomètres de la Capitale,  d’un côté à 36 kilomètres de Compiègne et de l’autre à  28 kilomètres de Beauvais. En 2016 elle avoisine les 6.000 habitants, c’est une petite ville qui n’a pas arrêté de grandir depuis  la Révolution, elle  avait à cette époque 802 habitants. Quand ma famille s’y est installée aux alentours de 1880 il y avait 2542 habitants.   

2 St

une cavalcade dans les années 1900 

  

Ses Origines :

 

En ce qui concerne ses origines. Si j’écoute l’historien Le a Pihan en 1885 ; le bourg de St. Just en Chaussée, remonte à la plus haute antiquité-romaine, c’était un petit village sans grande population appelé : Sinomovicus ». Néanmoins, St. Just, semble résulter de sa situation au point d’intersection de deux chaussées Brunehaut, ou voies romaines, l’une qui partait vraisemblablement de Senlis et arrivait à Amiens, la seconde conduisant de Beauvais vers la Flandre ; il est probable que cette circonstance a du influencer l’importance du lieu, peut être même déterminer sa formation. 

L’annuaire statistique de 1835 écrit par Louis Graves, dit que St. Just s’appelait aussi au Moyen-Âge : St Just l’Abbaye.

5 St

 

Néanmoins, revenons aux écrits du Chanoine Pihan qui aime relater qu’au commencement du Vème siècle, c’est un martyre « St. Just » qui devait donner son nom à la localité. Je trouve l’histoire belle et j’ai envie de la partager avec vous.

 600px-Blason_Saint_Just_En_Chaussee_svg

  

Ce fut au commencement du Vème siècle, qu’eut lieu en ce pays, le martyre de St. Just, qui devait donner son nom à la localité.

St. Just, né à Auxerre, d’une famille distinguée, fut doué, dès son jeune âge, de grandes  qualités et obtint, par sa piété, de recevoir du ciel des communications surnaturelles. Son oncle Justinien, avait été enlevé tout jeune et vendu comme esclave en un lieu inconnu. Le pieux enfant apprit par une vision que son oncle avait été emmené à Amiens où il était devenu l’un des esclaves d’un nommé Lupus. Aussitôt, l’enfant Just, malgré son jeune âge, il avait neuf ans, décida son père à aller avec lui à la recherche de son oncle Justinien.

Ils parvinrent, après un long et pénible voyage, d’Auxerre à Amiens. Là, ils trouvèrent, en effet leur parent, que Just reconnut comme celui qui lui était apparu. Ils se réjouissaient et chantaient les louanges de Dieu qui les avait fait se rejoindre. Mais un valet de Rictiovare, Gouverneur de la ville et féroce persécuteur des chrétiens, les entendit et courut les dénoncer à son maître. Celui-ci envoya aussitôt des satellites pour s’emparer d’eux. Mais, avertis par une inspiration céleste, Just et son père Justin s’enfuirent avec leur oncle retrouvé.

Les soldats ne les trouvant plus chez Lupus, se mirent à leur poursuite. Les fugitifs étaient arrivés à Sinomovicus, près de la fontaine Syrique (qui porte encore ce nom de nos jours ! ) et se disposaient à s’y arrêter pour y prendre leur repas et s’y reposer un peu. Alors le petit Just, mû par un pressentiment, conseilla à ses parents de se cacher dans la caverne voisine, tandis que lui veillerait sur la route pour dépister les poursuivants.

 

st just pihan

Les satellites, arrivés auprès de l’enfant, lui demandèrent s’il avait vu les fugitifs qu’ils recherchaient pour les amener comme chrétiens devant leur préfet Rictiovare. Just ne voulut rien dire, et, sur leur interrogation, il déclara hautement qu’il était chrétien lui-même, qu’il détestait les idoles et blâmait la cruauté de Rictiovare. Irrité de recevoir la leçon d’un enfant, l’un des satellites, tira son glaive et lui trancha la tête. Or, Dieu permit que le corps restât debout  et retînt la tête entre les mains. Alors, les bourreaux effrayés se retirèrent en hâte. Le père et l’oncle de l’enfant martyrs, sortant de leur cachette aperçurent le prodige..

 Ils ensevelirent le corps non loin de là, et apportèrent le chef (la tête) du jeune Just à sa mère, Félicie, retirée à Autun. Celle-ci la remis à l’évêque Valère qui la fit enchâsser. Quant au corps de  Saint Just, il fut transféré dans une chapelle bâtie en son honneur et devint bientôt le centre d’un pèlerinage très fréquenté, et c’est alors que les fidèles donnèrent son nom à leur pays.

 Ces précieuses reliques furent ensuite, sous l’Evêque saint Hildeman, transférées, pour plus de sûreté, dans l’enceinte fortifiée de la ville de Beauvais, afin de les préserver des invasions des pirates danois. C’est en 1674 que la ville de St. Just s’enrichit d’une relique extraite du corps de son Saint patron. Le chapitre provincial des Prémontrés qui occupaient la grande abbaye de St. Just, écrivit à Mgr Choart de Buzenval, évêque de Beauvais, pour en obtenir cette relique, bien due, dirent-ils, au pays, lieu de son martyre et ayant pris son nom. La translation de cette relique insigne « l’humérus » presque entier, eut lieu le 25 juillet 1674, avec la plus grande solennité, dans l’oratoire de l’abbaye. Elle fut ensuite transférée dans les églises abbatiales successives, et on peut la voir aujourd’hui dans l’église Notre Dame de Grâce de St. Just.

 

Sources : Texte récupéré dans le livre de l’Histoire de Saint Just en Chaussée par Louis Pihan l’édition 1885

Telle est donc l’origine du nom de Saint Just en Chaussée : « Saint-Just » à cause du saint qui y subit son martyre « en chaussée » à cause des deux chaussées romaine, dites « Brunehaut », qui traverse le pays. 

 

ancienne église de saint just

 

 Une première église qui fut terminée en 1640, mais qui malheureusement brûla le 3 et 4 juillet 1707, fut reconstruite et les travaux durèrent jusqu’en 1748. Elle fut dédiée à St. Just. . Le portail était splendide il avait été construit en 1786. Le clocher contrairement à la nouvelle était à côté. Les fonds baptismaux ornés et décorés de bas reliefs, ou figurent une coupe supportée par quatre colonnettes datent du Xème siècle ; ils ont été transférés dans la nouvelle église mis en service en 1880. Toutes les personnes de ma famille nées à St. Just depuis cette date et moi-même ont été baptisées au-dessus de ces fonds remarquables.

 

 Afficher l'image d'origine

fonds baptismaux2

 

Sources : Monographies des villes et villages de France – Canton de St. Just-en-Chaussée de J. Rousseau (réédition 1988)

 

A demain pour la suite......