Journal de famille suite

 

 Jamais deux sans trois. Deux filles et un garçon, c’est le choix du Roi. Je suppose comme dans la plupart des familles, l’arrivée d’un nouveau bébé, c’est le bonheur assuré.

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Jean Alfred Désiré, a vu le jour à Laon dans le département de l’Aisne, le 9 février 1902. Sa maman est une mère au foyer et son papa depuis plusieurs années est rentré au Chemin de Fer du Nord. En ce début de siècle, le développement de ce nouveau moyen de transport est une aubaine pour beaucoup de jeunes hommes. Mon arrière grand-père a sauté sur l’occasion. Laon, possède une grande gare sur le trajet du Nord de la France, qui a été inaugurée en 1890, de plus, cette ville est construite sur une colline ce qui lui donne l’aspect d’une ville à deux étages. A la fin du XIXème siècle, elle  s’est dotée d’un tramway pour joindre la ville basse à la ville haute. Ce dernier a été inauguré en juillet 1899.  Il y avait donc pour mon arrière grand-père, de quoi exercer sa spécialité de garde freins quelques années. 

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 Malheureusement, Jean vécut son premier drame à l’âge de 7 ans. Sa maman décède. C’est grand-mère Louise, sa grand-mère paternelle qui prendra le relais jusqu’à ce que mon arrière grand-père Désir, se remarie avec une jolie parisienne « Rose » en 1911,  qui était née dans un village à côté d’Avrechy, à Cuignière. Ils vont habiter dans une cité de cheminots 7, rue Voltaire à Nogent sur Oise. Désir était très problablement rattaché à la gare de triage de Creil. Une famille reconstituée où le bonheur règne, jusqu’à une seconde catastrophe en 1917, Rose est emportée par la grippe espagnole. Cela en est trop pour Jean, encore un abandon, surtout qu’en 1918 son père se remarie une troisième fois. Autant les enfants ont aimé Rose, autant ils n’ont pas trop apprécié Hélène.

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C’est certainement à cette époque , qu’il décide de s’engager dans la marine et de devancer l’appel. Un bien beau mousse, qui voyagera et deviendra quartier-maître mécanicien sur le Cuirassé « Le Provence »

 C’est d’abord à Brest qu’il fait partie de d'équipage de la Flotte,  comme l’indique sa première photo en marin.  L’équipage de la flotte, c’est un dépôt où les marins attendent leur affectation

 

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Le cuirassé « Le Provence » sur lequel il est allé à Constantinople, remplace le premier « Le Provence » qui était le plus grand paquebot français de l’époque qui reliait le Havre à New York, réquisitionné en 1914 par l’armée et en 1915 il est utilisé  pour transporter les troupes vers les Dardanelles. Le 27 février 1916, il est torpillé par un sous-marin allemand en méditerranée. Donc le second « Le Provence II », a été mis en service le 20 janvier 1916. Il mesurait 166 m de long et 27 m de large. Son port de base a d’abord été Brest ensuite Toulon, mais il était souvent basé à Corfou. Sa vitesse maximale était de 20 nœuds.

 

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J’ai vraiment très envie de retrouver sa fiche de matricule pour retracer sa carrière dans la marine, pour cela il faut que je me rende à Brest. Combien de temps a-t-il été dans la marine ? Je sais que lors d’une permission chez un de ses amis marins, il rencontre son épouse Andréa, ils se marient dans un petit village de l’Ardèche à Coux, le 8 septembre 1923. Nous les retrouvons quelques années plus tard dans l’Oise à Rantigny. Ne pouvant pas avoir d’enfants, ils adoptent, après la guerre, un petit garçon « Jean-Paul » qui lui-même se mariera et aura 4 enfants, une descendance de 6 petits enfants et déjà 1 arrière petit fils.

 

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Une brouille familiale éloigne Jean, Andréa et Jean-Paul, pendant plusieurs années de la Picardie et de la sœur aînée de Jean, ma grand-mère. Je ferai sa connaissance seulement entre 1955 et 1960. Ma grand-mère aimait beaucoup son frère, mais moins sa belle sœur. Ils vécurent Longtemps dans la région de Rouen et tous liens étaient rompus avec la famille. Je me souviens comme si c’était hier, quand ils débarquèrent « en quatre chevaux » à  Saint Just. Je descendais de ma chambre et j’ai retrouvé un couple et un jeune homme dans la cuisine, qui cherchait après ma grand-mère. Il faut dire que chez nous, on rentrait facilement dans la maison, puisque les clients allaient et venaient en allant à l’atelier dans la cour. Surprise, j’ai commencé par demander ce qu’ils désiraient. Et là, mon oncle s’est présenté. J’ai appelé mes grands-parents qui ont été aussi surpris que moi. Mon oncle allait être à la retraite et il venait de racheter une maison dans un des hameaux du village de naissance  d’une grande partie des Bourcy : «  Bizancourt ».

Jean et Andréa Bourcy environ 1935 2

 

 A partir de ce jour là, nous nous sommes beaucoup fréquentés. Je me souviens de ce grand oncle, petit par sa taille mais calme et doux et de la tante Andréa beaucoup moins calme au tempérament bouillonnant, très méditerranéen et aux histoires  qu’elles faisaient souvent sur les uns et les autres. On peut dire qu’elle était une personne particulière. Je la vois encore sortir de sa quatre chevaux, cette voiture était une voiture basse et petite. En revanche ma tante, était plutôt corpulente, ce qui me faisait toujours sourire.

 

Jean Bourcy 1923 2

 

Quant à Jean-Paul, enfin j’avais un cousin de mon âge.  C’est avec lui que nous sommes allés  Au Cirque d’Hiver à Paris, et que j’ai découvert pour la première fois le cirque. A défaut d'avoir été absents pendant mon enfance, je peux dire qu’ils ont été très présents durant toute mon adolescence. A toutes les fêtes de famille ils étaient là, souvent, les fins de repas étaient animées au son de la mandoline de mon grand-père accompagné par Andréa qui aimait pousser la chansonnette.

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A Bizancourt, mon oncle et ma tante, étaient famille d’accueil de la DASS, c’est pourquoi je l’ai été moi aussi  par la suite. Andréa n’était pas très affective avec ces pauvres enfants et pas toujours très gentille avec eux. Tous on préféré mon oncle. Mon oncle est décédé entre 1970 et  1980,  à la fin de sa vie, sa belle fille Jeanne s’en est beaucoup occupé.

Quelques années plus tard, Andréa a refait sa vie, avec un parisien très gentil « Adolphe », qu’elle avait rencontré dans une agence matrimoniale. Ses dernières années de couple furent partagées entre Bizancourt et l’appartement d’Adolphe. Elle survivra à son second mari. Enfin, elle ne laissera pas que des bons souvenirs autour d’elle. Toute sa vie, elle a fait les choses avec intérêt mais jamais avec sentiment. J’ai toujours beaucoup admiré Jean-Paul qui a chaque fois répondait présent quand elle en avait besoin.

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Je lance un appel, si quelqu'un peut m'aider à retrouver l'engagement dans la marine de mon grand-oncle entre 1918 et 1922, j'en serais ravie. Je n'arrive pas à retrouver son livret militaire et encore moins sa fiche de matricule. Merci à celui qui pourra m'aider.

 

 

 

La prochaine fois, nous franchirons un nouveau quartier du patchwork familial