En généalogie, comme je vous l’ai déjà dit, et comme le disait un de mes professeurs à mes débuts, nous pouvons descendre d’un bourreau ou d’un Prince. C’est aussi ce qui rend très intéressantes les recherches. Mais c’est aussi la grande richesse de découvrir des métiers inconnus de nos jours ou tout au moins plus aussi fréquents. 

 C’est justement mon sujet d’aujourd’hui. Parmi mes  aïeux, l’un d’eux : Antoine Bardié, natif de Toulouse était au moment de la révolution : Haute-Contre à la cathédrale Saint André de Bordeaux.

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Guillaume de Machaut

 Il y a encore beaucoup de gens dans la France moyenne d’aujourd’hui qui ne savent pas ce qu’est une Haute-Contre ? Moi-même, je n’ai découvert cette profession de musicien d’église que dans les années 1980, quand Présidente d’une association culturelle, j’en ai fait venir un, dans l’église de ma petite ville picarde. C’était un adepte de « Guillaume de Machaut, chanoine en la cathédrale de Reims vers les années 1340. Quelques mots à son sujet : il se rendit célèbre pour son œuvre poétique et musicale religieuse. Il bouleversa à l’époque les traditions médiévales des polyphonistes de l’école ND de Paris. Il renouvelle cet art et fait évoluer les techniques ou les formes musicales en les complexifiant et en y acclimatant de nombreuses innovations.

Pour faire plus simple, en quelques mots, je vous dirai qu’une Haute-Contre, dans la musique occidentale au sein de la musique classique et plus précisément de la période baroque, cela  désigne majoritairement une voie masculine dont la tessiture est particulièrement aiguë et ressemble à une voie féminine.

 En 2015, j’ai été contacté par Mathieu Gaillard, qui dans le cadre d’un projet « Muséfrem » faisait des recherches sur les musiciens d’église de la Gironde, à la fin de l’ancien régime. A cet effet il devait faire la biographie de mon aïeul Antoine Bardié. Les premières années de la Révolution française sont bien lointaines !  Mais Antoine Bardié, est quand même mon ancêtre direct à la 7ème génération. Pour mieux comprendre :  

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-         Antoine Bardié, né en 1750 à Toulouse. (Haute Garonne)

-         Bertrand Bardié (son fils dont je descends), est né en 1809 à Toulouse (Haute Garonne)

il était instituteur à Verdelais (Gironde)

-         Françoise Amélie Bardié, née en 1822 à Verdelais (Gironde) ma Triaïeule, chapelière

-         Jacques Arthur Pascaut (son fils), né en 1854 à Bordeaux (Gironde) mon arrière grand-père chapelier et coiffeur.

-         Adrien Pascaut, né en 1894 à Saint Just en Chaussée (Oise) mon grand-père. serrurier et ferronnier d'art.

-         Renée Pascaut, né en 1922 au Plessier sur Saint Just (Oise) ma mère.

-         Edith Pascaut-Piat-Helmer, née en 1943 à Paris 13ème.

Pour en revenir à Antoine Bardié, quand il vient au monde le 18 septembre 1750  à Toulouse, son père Guillaume, est Maître Menuisier à Toulouse et il signe l’acte de naissance avec une jolie signature. Sa mère se nomme Marie Sigal (Singal), ils habitent la paroisse Saint Michel où il est baptisé le surlendemain.

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Vers 1760, il est sans doute reçu comme enfant de choeur à la cathédrale St. Etienne, jusqu’au 14 juin 1765 ou  une délibération capitulaire de la cathédrale évoque le départ d’un enfant de chœur nommé Bardié qui sollicite un congé auprès de la compagnie parce qu’il à « perdu sa voix » certainement à cause de la mue des jeunes garçons. Il quitte la   Maîtrise (ou école de musique, attachée à l’église, où l'on forme les enfants de chœur) ; et il reçoit pour son départ 100 livres.

Nous le retrouvons pour son mariage le 26 juillet 1779 à l’église Saint Sernin où il épouse Elisabeth Boulade native de Castres, mais habitant Toulouse.

Quand nous le retrouvons à la naissance de son premier enfant quelques mois plus tard, il est maître de musique.

 

En 1780 il est témoin  de mariage, de deux de ses sœurs ou il est dit : musicien. Néanmoins c’est après qu’il réintègre probablement l’église Saint Sernin comme Maître de Musique, Il le sera jusqu’à l’année 1785, mais nous ne pouvons savoir s’il est attaché à une église toulousaine ou s’il est professeur de musique. A la naissance de ses trois autres enfants, ils habitent la paroisse ND du Taur.

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C’est à Bordeaux que nous le retrouvons le 16 mars 1788,  pour « avoir chanté dans les chœurs »  et « arranger la musique » lors d’un concert du Musée ou il a perçu 60 livres. Le 1er octobre 1788, une pièce de comptabilité de la cathédrale St. André de Bordeaux indique qu’il est Haute-Contre  pour les choeurs de la Messe et des Vêpres pour lesquels il reçoit à chaque fois 6 livres.

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A plusieurs reprises en 1790 il intervient comme choriste à la cathédrale Saint André avec un statut de gagiste car ses gages s’élèves à 12 livres 10 sols en novembre et en décembre.

 

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L'artiste le plus talentueux à cette époque à Bordeaux

Entre 1790 et 1791, plusieurs musiciens de la  cathédrale, adressent une pétition collective à l’Assemblée Nationale pour obtenir un secours mais Antoine Bardié ne fait pas partie des signataires. Le 19 mars 1791, le directoire du district décide de lui accordée 25 livres « sans tirer à conséquence sauf, s’il est remployé par la nouvelle fabrique ». Le 18 avril 1791, il continue à recevoir 25 livres pour son service des mois de mars et d’avril. Et le 10 septembre de la même année, un tableau des dépenses de la fabrique de la cathédrale met en évidence qu’il est employé comme Haute-Contre et que 150 livres par an lui sont versées..

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 Il fait également parti en 1793 avec Jean DUBAUX et Jean Jaques DREUILH sur la liste des artistes du Théâtre de  la Montagne qui sont arrêtés suite à des représentations de comédies jugées indécentes, notamment celle de La Tentation de Saint Antoine . Ils sont toute fois acquittés et libérés le 17 nivose An II.

 

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L’an V, le 18 floréal, soit le 7 mai 1797 ; un état de la troupe des artistes du Grand Théâtre de Bordeaux souligne qu’il touche 900 livres et qu’il fait partie des choeurs.

Belle évolution de carrière si l’on peut dire. En revanche, le 4 brumaire an VI soit le 25 octobre 1797, son épouse Elisabeth Boulade, décède. Très vite il se remarie et épouse le 24 pluviose an VI soit à peine 4 mois après le décès d’Elisabeth :. Marie Dupuy rentre dans sa vie et lui fera très vite entre l’an VII et l’an XI trois autres enfants. Lors de son second mariage il aura comme témoin le facteur d’instruments Daniel Roberty. De 1798 à 1803, il apparaît tour à tour, comme musicien, artiste, artiste musicien.

 

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Le 5 brumaire an VIII soit le 27 octobre 1799, il fait toujours partie de la compagnie du Grand Théâtre de Bordeaux et chante au Théâtre de l’Union.

 Quand il décède le 15 juin 1821, Antoine Bardié, artiste musicien il est veuf pour la seconde fois et il habite : 37, rue la Rochambeau à Bordeaux. Il a 74 ans. Bel âge pour l’époque, après avoir traversé les années révolutionnaires. Au terme de sa vie l’on peut dire  qu’il a fait une carrière des plus honorable.

Bordeaux : intérieur du Grand-Théâtre. 

Grand Théâtre de Bordeaux. 

 

 

 

 

Sources : recherches de Mathieu  Gaillard dans différentes archives et publications littéraires, de Bordeaux et Toulouse.